Le crédit immobilier menacé en France ?

Dans notre pays, le marché du financement immobilier tourne toujours autant. L’année dernière, ce sont 156 milliards d’euros de prêts à l’habitat qui ont été attribués, contre 120 milliards l’année précédente. Selon certains établissements, 2016 s’annonce très bien, avec un volume de production qui devrait atteindre les 163 milliards d’euros ! Positif non ? Pourtant, ce mécanisme pourrait bientôt commencer à s’affaiblir, voir à s’enrayer ! Le Comité de Bâle, chargé de réguler le système bancaire européen, constate qu’il faut prendre des mesures pour réduire les risques. Lesquelles ? Imposer aux banques d’augmenter leurs fonds propres quand elles accordent un crédit immobilier aux emprunteurs qui eux n’ont que très peu d’apport.

De plus, les prêts sans apport sont vraiment risqués pour les banques. En effet, sans apport, un emprunt correspond au prix du logement. Mais ce dernier sert de garantie au prêt. Cela signifie que si l’emprunteur revend avec une décote par rapport au prix de départ, le prix de vente ne va pas couvrir la valeur du logement.

Si elle est adoptée, cette mesure pourrait bien créer des victimes. Lesquelles ? Les accédants modestes à la propriété ainsi que les jeunes. Les banques refuseront de les financer, ou elles demanderont des fonds qu’ils ne possèdent pas. Les investisseurs locatifs sont eux aussi menacés, puisqu’ils recourent aux prêts sans apport pour optimiser leur fiscalité.

Mais les professionnels se mobilisent. Les autorités françaises sont invitées à soutenir la spécificité du financement du logement en France pour ne pas pénaliser ce projet de recommandation du Comité de Bâle. Le modèle français, qui repose toujours sur la capacité de l’emprunteur à rembourser, a jusqu’ici fait ses preuves.

Pour conclure, il n’y a pas matière à s’inquiéter pour les emprunteurs, puisque tout ceci reste au stade de projet. Il faudra encore plusieurs années pour que cela devienne éventuellement une norme et qu’elle rentre en vigueur.